Après les couleurs, la typographie est la deuxième grande décision visuelle de ton identité de marque, et probablement la plus sous-estimée. Elle porte ta voix, ton ton, avant même que quelqu’un ait lu un seul mot de ce que tu écris.
Si tu as déjà lu l’article sur comment bien choisir une couleur, celui-ci en est le complément naturel. Voici comment choisir tes typographies sans te perdre dans les milliers d’options disponibles.
Typographie, police, fonte : la différence
Trois mots qu’on confond souvent, alors qu’ils désignent des choses différentes.
La typographie est le nom générique qui regroupe les procédés de composition et d’impression utilisant des caractères. Une police de caractères est un ensemble d’une même famille, qui regroupe tous les corps et graisses, comme Helvetica par exemple. Une fonte est un ensemble de caractères d’une même police, d’un même style, corps et graisse, comme Times New Roman italique 12pt.
Dans la conversation courante, ces nuances importent peu. Ce qui compte vraiment, c’est de savoir reconnaître les grandes familles de typographies pour faire un choix cohérent.
Les 4 grandes familles de typographies
Une typographie serif a des empattements aux extrémités des lettres (serif signifie empattement en anglais). Ces typographies sont dites classiques, leur dessin imite la trace laissée par un outil (plume, pinceau) au moment où la main achève son geste d’écriture.
Une typographie sans-serif n’a pas d’empattement. Elle paraît plus moderne, ces typographies ayant été développées après la première guerre mondiale.
Une typographie script reprend l’écriture manuscrite cursive.
Une typographie display se distingue par un caractère plus affirmé, avec des formes parfois légèrement différentes des lettres classiques. Elle est souvent réservée aux titres, rarement utilisée pour de longs paragraphes.
La règle d’or : deux typographies maximum
S’il existe une règle à retenir en design, c’est de ne pas multiplier les effets. On limite généralement les choix à deux typographies maximum dans un même document ou un même site, sauf exception bien réfléchie.
Less is more, comme le disait Mies van der Rohe. Une identité qui tient sur deux typographies bien choisies paraît toujours plus maîtrisée qu’une identité qui en empile quatre ou cinq sans logique d’ensemble.
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Comment choisir tes deux typographies
Choisis d’abord une typographie pour les titres : c’est elle qui donne l’identité, la voix, le ton de la marque. Elle doit être belle en grand, n’hésite pas à aller chercher des formes intéressantes, par exemple du côté d’une typographie display.
Choisis ensuite une typographie pour les paragraphes : elle doit rester lisible en petite taille et confortable à la lecture, même sur de longs textes.
Pense au contraste entre ces deux fontes : des titres en gras face à des paragraphes plus fins, une serif pour le titre et une sans-serif pour le texte courant (ou l’inverse). Teste plusieurs combinaisons avant de figer ton choix, le bon mariage ne saute pas toujours aux yeux immédiatement.
Marquer ta différence ou démontrer ton sérieux
Le choix de tes typographies dépend surtout de ce que ton activité doit transmettre en premier.
Si ton activité doit se démarquer, bousculer les codes et affirmer une identité unique (start-up innovante, marque tendance, artiste, secteur du design ou du gaming), opte pour une typographie de titrage audacieuse : non classique, contemporaine, parfois avant-gardiste. Les polices manuscrites dynamiques, les typographies géométriques ou déstructurées, les styles inspirés du street art marquent la différence.
Si ton activité repose avant tout sur la confiance, la crédibilité et la stabilité (cabinet d’avocats, finance, assurance, institution, conseil), opte pour une typographie de titrage sobre et intemporelle : une serif élégante et raffinée, ou une sans-serif moderne et épurée. Évite les effets trop fantaisistes, privilégie une lisibilité optimale qui inspire une image rassurante.
Vérifier que ta typographie reste lisible
Une typographie qui plaît visuellement mais qui se lit mal perd tout son intérêt. Quelques points à vérifier systématiquement :
→ Les formes des lettres restent-elles reconnaissables facilement, même en petite taille ?
→ Le contraste entre la typographie et son arrière-plan est-il suffisant ?
→ L’interlignage (l’espace entre les lignes) laisse-t-il assez de respiration pour un confort de lecture ?
→ La typographie reste-t-elle lisible pour des personnes avec une visibilité réduite ?
→ Les paragraphes restent-ils courts, en largeur comme en longueur, sachant que la majorité des visiteurs scannent une page web plutôt qu’ils ne la lisent mot à mot ?
Une bonne typographie ne se choisit jamais seule. Elle se pense en duo, en cohérence avec tes couleurs et avec ce que ton activité doit transmettre en un coup d’œil. Pour aller voir des exemples concrets de typographies classées par style, ma sélection de typographies disponibles sur Elementor référence 48 polices triées par famille pour t’aider à démarrer.
Questions fréquentes
Généralement deux : une pour les titres et une pour les textes courants.
Si tu es expert·e du design, tu peux te permettre 3 typos mais pas plus. Au-delà, l’identité perd en cohérence et devient plus difficile à décliner sur l’ensemble des supports (site, réseaux sociaux, print).
La typographie est le terme générique qui regroupe l’ensemble des procédés de composition avec des caractères. Une police de caractères désigne une famille précise, comme Helvetica, qui regroupe elle-même plusieurs graisses et styles.
Pas nécessairement la même exactement, mais elles doivent rester cohérentes entre elles. Le logo peut utiliser une typographie plus travaillée ou sur-mesure, tant que la typographie du site reste dans le même esprit visuel pour ne pas créer de rupture d’identité.
Teste-la directement sur un écran de téléphone, à la taille réelle prévue pour le texte courant. Vérifie que les lettres restent bien distinctes les unes des autres et que l’interlignage laisse assez d’espace, l’affichage mobile est plus impitoyable qu’un écran d’ordinateur sur ce point.
Ça dépend du message à transmettre plutôt que d’une règle universelle. Une serif évoque plutôt le classique, l’établi, la confiance installée. Une sans-serif évoque plutôt le moderne, l’épuré, l’accessible. Le bon choix reste celui qui correspond à l’image que l’activité veut renvoyer.